Vol. 1 No. 4-5 (2025): Haïti après l’Occupation : chroniques d’une Nation en mutation (1934-1986)
Politique et idéologie

Compétition entre populistes et répression postcoloniale : Sténio Vincent, Joseph Jolibois et la montée de l’autoritarisme à la fin de l’occupation d’Haïti

Matthew Casey
Biographie

Publié 04-05-2026

Mots-clés

  • Sténio Vincent,
  • Autoritarisme

Comment citer

Compétition entre populistes et répression postcoloniale : Sténio Vincent, Joseph Jolibois et la montée de l’autoritarisme à la fin de l’occupation d’Haïti. (2026). Revue d’Histoire Haïtienne, 1(4-5). https://revuehh.org/index.php/rhh/article/view/1

Résumé

Le présent article est basé sur des recherches menées dans des archives se trouvant en Haïti, en République dominicaine et aux États-Unis dans le but d’identifier les courants autoritaires existant en Haïti avant le départ des troupes étasuniennes, survenu en 1934. En 1930, les alliés populistes Sténio Vincent et Joseph Jolibois Fils avaient été élus, l’un en tant que président de la République, et l’autre en tant que président de la Chambre des députés. Mais quelques mois plus tard, les deux hommes avaient publiquement rompu leur alliance n’étant pas d’accord sur le rythme du retrait des troupes étasuniennes. Vincent avait alors orchestré l’arrestation et la destitution de Jolibois. Ce premier conflit entre d’anciens alliés s’inscrivait dans le cadre des luttes plus étendues pour le pouvoir entre le législatif et l’exécutif du nouveau gouvernement, notamment quant aux relations entre les États-Unis et Haïti et au rôle politique des classes ouvrières urbaines d’Haïti. Ces luttes étaient également liées à la montée, en République dominicaine, du dictateur Rafael Trujillo. Dans le présent article, je montre que l’approche modérée de Vincent en matière de diplomatie avec les États-Unis avait entraîné la répression des voix plus radicales au sein de son gouvernement. La destitution de Jolibois avait été le début du ciblage que Vincent allait réserver à ses opposants idéologiques, et montre l’autoritarisme de son régime, qui s’était révélé dès la première année de son mandat.